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По умолчанию

Sh. - C’est bien que tu sois venu à Perm enfin…

Tu as écrit dans ton CV que tu as commencé à faire du sport à partir de sept ans, oui ?

Qui t’a amené au club sportif ?

F. – La première fois ? Je crois que c’était mon père.  Il m’a amené dans un club de judo. J’ai fait d’abord du judo ; mais je n’étais pas très sérieux... J’ai fait du judo, j’ai fait du karaté shotokan, j’ai fait de la boxe française, de la boxe anglaise, de la boxe thaïlandaise, aïkido, viet vo dao – j’ai fait beaucoup de choses mais rien... rien vraiment à fond – parce que j’avais envie de faire plein de choses, j’étais un enfant plein d’énergie et j’avais besoin de faire du sport. J’ai fait beaucoup d’écoles, entre autres je faisais du basket, du volley,  de la  natation – j’ai essayé plein de choses, mais les arts martiaux – j’ai tout le temps fait des arts martiaux, mais soit d’un côté je trouvais le côté martial et pas efficace soit de l’autre côté je trouvais les arts martiaux durs des sports de combat comme la boxe anglaise et la boxe thaïlandaise, et pas tellement un bon esprit, et j’avais du mal  à trouver les deux en même temps.. Donc j’ai fait plein de choses jusqu’à l’armée et après mon armée ... (Fabrice fait une pause, son regard devient narquois) Tu veux que je te raconte comment j’ai commencé le karaté ?

Quand j’ai quitté l’armée – j’ai fait des choses à l’armée, je me sentais le roi du monde – j’étais fort, super entraîné et je travaillais  - je me me suis dit « Comment je vais gagner de l’argent facilement », alors j’ai travaillé pour une compagnie qui faisait de la protection rapprochée dans le monde – et pour pouvoir avoir un poste important il fallait avoir une ceinture noire dans une école d’arts martiaux. Et comme je me croyais plus intelligent que tout le monde (***), j’ai réflechi et je me suis dit : Tiens ! au karaté c’était facile, pour moi le karaté il y avait que le karaté shotokan, je n’ai jamais entendu parlé du  kyokushinkaï ou quelque chose, je me suis dit, oui, c’est rigolo, et dans un mois, deux mois, je suis ceinture noire, c’est vraiment facile. Alors j’ai cherché autour de moi et je me rappelais que le mari de l’amie de ma mère était professeur de karaté.

«Oh, je me suis dit, je l’ai appelé, «Bonjour », il s’appelait Jacques Legrée, il est devenu mon shihan, il a été très intelligent. Je l’ai appelé, sûr de moi et j’ai dit «Bonjour », on devait être au mois d’avril et j’ai dit : «Est-ce vous pensez qu’au mois de juin je vais être ceinture noire ? » et puis il m’a dit «Mais oui, pas de problème ! D’abord il faut venir vous entraîner et puis y a pas de raison. Venez vous entraîner et on va voir comment ça se passe et normalement il n’y a pas de problème.» Alors, je suis venu, ha ha ha.. Et là, je suis mort. [Fabrice se rappelle sa fatigue en riant] Il a fait un cours extrêmement dur. On a fait au moins 500 pompes, des squads, des abdos. A l’époque par terre il y avait pas de parquet – c’était du béton, et au bout de 15 minutes il y de l’eau comme ça[Fabrice montre 1 cm de l'eau au moins]  de transpiration partout, si tu ne lèves pas ta jambe, tu tombes par terre. Et c’était incroyable. J’étais dans un village – tu connais Astérix et Obélix - dans le village des Gaulois. Les gens qui étaient petits, qui étaient grands, qui étaient forts, qui étaient maigres – ils étaient tous plus forts que moi. Et j’étais mort mort mort de fatigue, et je voulais pas perdre la face, je continuais mais je n’en pouvais plus – j’avais mal partout, et voilà... J’ai trouvé des gens humbles, forts, qui s’entraînaient dur, gentils, et suis rentré chez moi le soir, complètement cassé, j’avais compris que je n’aurais pas ma ceinture noire aussi facielement que je pensais. Et c’est là que j’ai découvert l’école kyokushin et .. à partir de ce jour-là je me suis entraîné  tous les jours. Et j’habitais loin – j’habitais à une heure et demie de l’endroit où c’était. Et tous les jours je faisais une heure et demie pour aller, une heure et demie pour rentrer dans le métro. Même quand ce n’était pas mon cours, c’était le cours des gradés, je venais pour regarder comment ils travaillaient, je prenais des notes, après je rentrais chez moi et voilà. Et c’est comme ça que du coup j’ai jamais traivaillé dans la protection rapprochée de cette compagnie parce que je voulais rester à Paris. Et j’ai eu ma ceinture noire enfin [Le regard de Fabrice se perd dans les nues pour y trouver la réponse ]...  presque presque {Fabrice fait un effort mental pour calculer} assez vite que je voulais - ... dix ans plus tard. Voilà.

Et puis après j’ai continué - tout les travaux que j’ai choisis c’était pour pouvoir m’entraîner et apprendre à continuer les arts martiaux. Et j’ai  tout le temps était ouvert à aller essayer d’autres écoles et comprendre en parallèle.. Quand j’ai arrêté les compétitions de kyokushin, quand je suis rentré du Japon j’ai commencé à apprendre le krav maga, parce que j’aimais bien les écoles un peu réalistes, et je me suis beaucoup beaucoup impliqué dans le krav maga. En parallèle avec le kyokushinkaï j’ai fait beaucoup de taikiken, tout le travail sur les énergies et les choses comme ça.  Et un jour, par hasard  - s’il y a du hasard, à Bercy [le Festival des Arts Martiaux à Paris, la plus grande manifestation dans son genre], j’ai découvert Vladimir. Et comment j’ai découvert Vladimir ? – pas dans la démonstration, parce que j’ai pas vu la démonstration 2005, c’était après, mais quand je suis arrivé dans la salle d’échauffement où il y avait tout le monde (moi, je rentrais du Japon, j’étais relax), mais quand je suis entré dans la grande salle avec tous les gens qui s’échauffent, j’avais l’impression qu'il y allait avoir un grand tournoi international de combat – tout le monde était très sérieux, il s’échauffaient, ils se regardaient comme ils allaient se battre. Je me suis dit : «Enfin, on va avoir une démonstration» . Il n’y avait qu’une seule personne qui était assise sur son banc, qui disait bonjour à tout le monde, qui souriait, qui était gentille – et c’était Vladimir. Tout de suite j’ai dit :  «J’aime bien ce gars. Et je me suis intéressé à lui». Et voilà, maintenant je suis là. J’ai commencé à travailler avec Vladimir et je me rends compte que je ne connais rien ; qu’avec juste 20 ans de kyokushin je ne connais rien, que j’ai tout à apprendre. Je suis très heureux de savoir que je suis encore un débutant en plein de choses.

-         J’ai regardé un peu le style kyokushinkaï et j’ai vu que vous avez aussi des déviations et esquives. Est-ce qu’il y a une différence entre les déviations et esquives au Combat russe et au Kyokushinkaï ?

-         En fait, il y a plusieurs façons de travailler le kyokushin, mais ma façon – et ça n’engage que moi, elle est très ronde. J’aime tourner, dévier, absorber les attaques et ... c’est pour ça que j’étais pas très à l’aise dans le krav maga qui est très linéaire et tout de suite vous pouvez aimer le combat russe parce que justement c’est très rond, très souple, très circulaire, ce qui m’a plu immédiatement. Compenser la force par la douceur, - c’est vraiment vraiment vraiment ce qui m’a plu dans le Combat russe.  Mais y a ça au  kyokushin aussi. Malheureusement, je dirais,  avec le temps les gens ont oublié le Kyokushin originel. Maintenant ils travaillent beaucoup le kyokushin compétition, ils deviennent de très très bons combattants en compétition, mais ils ont oublié le côté art martial du Kyokushin et c’est dommage. A mon avis, c’est dommage. Parce que les  compétitions c’est vraiment dix pour cent. C’est une école qui est très riche en techniques ; mais justement il y a beaucoup de choses qui sont très proches du Combat russe – des façons de bloquer, d’absorber, de dévier – ça se rapproche aussi beaucoup du taikiken de maitre sawaï, Kenichi.  

-         D’accord, parce que je sais que Vladimir a fait aussi du yoga, c’est à dire il a travaillé avec des énergies dans sa vie, donc il a aussi étudié beaucoup de styles, dont le kung fu, par example. Il a étudié beaucoup de styles avant de créer son propre style.

-         Oui, ça ne m’étonne pas du tout, c’est ce qui fait toutes la richesse de Vladimir. Je pense que l’art martial  - quel que soit les arts martiaux qu’on a chosis – c’est comme des outils. On te donne des outils – et chaqun après va développer et s’améliorer dans des choses avec lesquelles il y est le plus proche. C’est comme si on avait une école, une école de gens qui travaillent le bois, peut-être qu’il y en a ceux qui sont forts avec le rabot, d’autres qui sont très forts avec le ciseau et la personnalité de Vladimir fait aussi que l’on aime dans le Combat russe : on sent que c’est quelqu’un de dur. J’ai beaucoup aimé – j’ai été tres surpris, une des choses qui m’a beaucoup plu dans le combat russe, c’est que à chaque fois quand je parlais autour de moi du Combat russe, la réaction  des gens c’était : « Wow !!! mais les Russes c’est dur, c’est vraiment, ils ne respectent pas le corps; c’est sur 10 il y en a un va être un champion mais tous les autres, ils vont être cassés».  J’ai dit «OK, mais j’ai l’habitude de voir par mes propres yeux». Et j’ai dit : «Bon, on verra bien ! ». Et j’ai été très très très surpris et agréablement surpris, parce que Vladimir, il parle beaucoup de la santé, du bien-être, de faire attention à son corps. Quand on démarre les entraînements on remercie le cœur, on parle avec le foie, on réchauffe les reins et ça – et ça, c’est superbe ! J’ai trouvé dans le Combat russe et avec Vladimir les choses que j’avais apprises au Japon, avec l’énergie, mais avec des mots et une façon de penser, une philosophie russe, et ça, ça m’a beaucoup plu, parce qu’on retrouve les mêmes choses avec des mots différents, mais le fond, il est le même. Et finalement, quand on regarde bien maintenant, je pense que les Japonais travaillent plus durement que les Russes mais moins intelligemment, ça veut dire au Japon sur dix qui vont faire des exercices il y a un qui va être un champion mais tous les autres vont être cassés parce que ils changent pas avec le temps. Même quand on sait maintenant avec l’évolution de la médecine qu’il y a des mouvements qui sont très mauvais pour le corps et pour les genoux, les Japonais ils continuent à faire des exercices parce qu’ils ont appris comme ça sans jamais changer.

-         C’est plus codifié alors ?

-         C’est plus codifié et je pense que c’est moins respectueux pour le corps.

-         Est-ce que tu pourrais parler de ton expérience avec Aleksandre Pitchkounov au Japon?

-         Moi, j’ai connu, on est devenu ami avec  Aleksandre quand je suis arrivé au Japon, parce qu’on se retrouvait tous les trois parce qu’il y avait Aleksandre Pitchkounov , il y avait Arthur Hovhannisyan, un Russe d’origine arménienne qui est le seul instructeur de kyokushin [au Japon - NDLR]; il est chef instructeur au Japon encore maintenant et on s’est retrouvé tous les trois dans un monde complètement différent et c’était très dur. Pour les étrangers au Japon c’est très difficile quand on fait des arts martiaux. La première fois quand j’ai rencontré Aleksandre c’était le Championnat d’Europe, je crois en 1998 ou quelque chose comme ça et après on a commencé a sympathiser en 2000 à Osaka au Japon au Championat du Monde et on est devenu vraiment en 2005 quand on était ensemble au Japon et on a transpiré ensemble et  on a combattu ensemble et ça crée des liens pour la vie. On se tape dessus en signe d’amitié !

-         Je sais que Vladimir avait une façon singulière de se préparer aux compétitions en contemplant passer les trains et en s’identifiant avec leurs puissances et élan. Il s’imaginait avant le combat ce train implacable avec une vitesse incroyable. Selon lui qui a combattu aux tournois des MMA il «fonce sur l’ adversaire comme un train.» Et quelle était ta façon de te préparer aux combats de top niveau ?

-         Moi, j ‘ai toujours eu peur avant les combats. Moi, je ne sais pas s’il y a les gens qui n’ont jamais peur mais moi je n’ai pas honte de dire : Avant chaque combat j’ai eu peur. Une boule dans le ventre, mais à partir d’un moment, à un moment donné, c’est comme si mon corps, il change.  A partir d’un moment où je monte sur l’aire du combat plus rien n’existe et je me dis : J’ai fait le maximum pour être bien préparé, je vais faire mon travail correctement, le mieux possible, peut être je vais gagner peut être je vais pas gagner mais en tout cas je pourrais me regarder dans la glace et ne rien regretter, et ça, ça a toujours été ma philosophie. J’ai combattu contre les meilleurs du monde, j’ai fait tous les Champions du monde qui ont combattu contre moi et j’ai jamais refusé un combat et  quand j’ai fait un combat je me suis tout le temps donné à cent pour cent et c’est pour ça que les Japonais m’appellent « Brave Heart ». Parce que je suis tout le temps allé au combats – des petits, des grands ... et voilà ; et j’ai jamais perdu un combat par KO, - de toute ma carrière. A chaque fois que j’ai perdu c’était une décision d’arbitre ou de choses mais je n’ai jamais abandonné un combat.

-         J’ai trouvé dans l’Internet une de tes interviews que tu as combattu contre Hajime Kazumi(http://en.wikipedia.org/wiki/Hajime_Kazumi  - ce n'est qu'un lien parmi plusieurs sur Hajime Kazumi -NLDR ) et que c’était vraiment une de tes belles émotions dans ta vie, étant entouré de 90 000 spectateurs, quelles étaient tes sensations, peux-tu les décrire ?

-         La première sensation que j’ai eue – c’était mon premier Championnat du Monde, et Hajime Kazumi c’était quand même le meilleur combattant du monde et à mon avis il reste un des plus grands combattants du monde parce que c’est quelqu’un qui travaille beaucoup avec l’énergie (avec l’énergétique) et qui est très puissant ; il avait  été mesuré à des low kicks à 2,7 tonnes au cm2 à l’impact ( !), incroyable ! Et c’est quelqu’un de très humble, de très gentil, et quand j’ai vu le tirage et que j’ai vu  Hajime Kazumi – aaaaaaahhh, j’étais content et j’étais pas content... j’étais content parce qu’on ne peut pas tomber sur mieux – c’était le meilleur, et j’étais pas content parce que je me suis dit : «Je n’ai aucune chance ! ». Toute la journée au Japon quand les Japonais me croisaient  et me regardaient en disant «Oooooooooooo !!!» [Fabrice montre comment les petits Japonais eberlués le regardaient de bas en haut... ],  j’avais l’impression d’être dans un dessin animé de Tex Avery quand les gens ils voient des rôtis. Et avant le combat c’était beaucoup de pression. Mais en même temps j’observais d’un oeil  Hajime Kazumi et je me disais : j’aimerais pas être à sa place, parce que c’était terrible pour lui, il y avait, tu sais au Japon comment ça se passe, 6 ou 7 journalistes qui le suivaient partout, tout le temps, ils le filmaient, il n’avait pas une seule minute d’intimité.  Et je me disais : Le pauvre, c’est vraiment très dur pour lui. Pour qu’il puisse se changer il fallait que ses élèves ils prennent un Dogi [Do : la voie philosophique et spirituel GI : le vêtement ; ce qu’on appelle par erreur un kimono – Fabrice Fourment], et le tiennent comme ça pour qu’il ait un tout petit peu d’intimité pour se changer derrière.  Quand on a démarré le combat, arrivé sur l’aire de combat je me suis dit : Je n’ai rien à perdre. Je vais me donner à cent pour cent et il arrivera ce qui arrivera. Et apres je me suis dit : De toute façon le KO c’est le coup qui fait le moins mal. [Fabrice rit de bon coeur...] On verra bien. Le Ko ça ne fait pas mal, c’est le réveil qui fait mal ! Et j’ai démarré tout de suite très fort. J’ai fait Mae Geri [coup de pied direct, de face, à la tête - Fabrice Fourment]J’ai cru que je allais le toucher, je vais toucher, je vais toucher et à trois centimètres de son visage il a juste fait taiki, c’est pour la première fois que je voyais quelqu’un travailler en souplesse taiki et d’un seul coup il a absorbé toute mon énergie et là, c’est un grand moment de solitude parce que la jambe pour qu’elle revienne c’était très long, mais j’ai pris le premier low kick et j’ai compris tout de suite ce que je devais faire devant lui, ensuite j’ai tourné, j’ai tourné, j’ai bougé, j’ai sauvé ma peau, et... et il a été très très intelligent parce que il aurait pu accélerer plus ou ontrer vraiment frapper plus fort, il a juste fait ce qu’il fallait pour montrer que c’était lui le chef et – pas plus ! et ça pour moi c’est vraiment une preuve d’intelligence et d’être un vrai guerrier. Alors, à un moment donné j’ai eu confiance en moi, je me suis arrêté et là, ça a été l’erreur. J’ai épluché un low kick interne, à l’intérieur de la cuisse et après ça j’ai fait une phlébite, une artère bouchée et les injections dans le ventre pendant presque 6 mois et c’était terrible. Et les journalistes après ce combat ils ont dit : Ah, c’est incroyable, Kazumi, il a failli perdre, c’était vraiment limite, mais c’est pas vrai. Moi, de l’intérieur du combat je sais que pas une seule seconde il était en danger et c’est lui qui a été courtois et gentil  pour que ça se passe ainsi.

-         Tu l’as senti ?

-         Oui ! L’avantage de kyokushin et c’est pourquoi que j’aime les combattants parce que entre combattants y a pas de mensonge. On sait tout de suite.  Kyokushin ça veut dire Ultime vérité. Mais ça ne veut pas dire qu’on est les plus forts, ça veut juste dire que il faut tout le temps revenir vers la vérité, pas commencer à penser : Ah, si je fais ça, et si je fais ça, - juste recadrer, recentrer les choses et voilà – la vérité, c’est ça. Et la vérité, c’est que ce jour-là – il était le plus fort, vraiment. C’est ce que j’aime avec les combattants. 

-         Dans ton interview tu parles aussi de ta mère, elle est un exemple pour toi ?

-         Oui, ma mère c’est un modèle pour moi. Maman qui a élevé toute seule ses 2 enfants à Paris et qui est partie de rien et avec beaucoup d’énergie, toujours de bonne humeur, qui nous a tout le temps supportés, mon frère et moi. On n’a pas été facile et on n’a manqué de rien même si on n’était pas riche. Incroyable, une battante ! – avec tous les problèmes de la vie, toujours le sourire, toujours de l’énergie, un petit mot gentil – incroyable !  pour moi c’est vraiment  vraiment  un modèle. Parce que ... un combattant sur un tapis c’est pas important, je crois que le plus important dans les arts martiaux c’est un vrai combattant dans la vie et quelqu’un de fort et je pense qu’un vrai guerrier c’est quelqu’un qui est gentil avec ses amis, gentil  avec sa famille, gentil  dans son travail, qui est droit dans la vie – ça, c’est un vrai guerrier. Etre juste fort sur un tapis ou sur un ring – bravo – mais ça c’est que pour l’ego, le reste – ça vaut rien, si  à l’extérieur c’est un imbécile qui n’a rien compris. Ça, c’est mon avis. Et je pense que sans ma mère je n’aurais pas fait tout ça.

-         Quelle sont tes impressions de Perm ?

-         Je me sens mon énergie au maximum. Quand je suis arrivée ici mon énergie était très basse. J’ai eu un accident de moto, tu sais, au mois de mai, je suis resté 5 mois sans rien faire, j’ai grossi beaucoup, la tête, elle travaille et c’est un cercle vicieux. Moins tu fais des choses et moins t’as d’énergie, moins t’as envie de faire des choses et ça va pas et après t’es tout le temps malade et tu ne te sens pas bien. Et c’est aussi pour ça que j’ai décidé à un moment donné, dès que le docteur, il m’a dit : «Ok, maintenant c’est consolidé, tu peux recommencer, tout de suite j’ai écrit un mot. J’ai senti que je devais venir ici. C’était comme quelque chose qui m’a dit : Il faut que tu sois là. Et je ne regrette vraiment pas. Parce que maintenant je sens mon énergie.   Premièrement, j’ai retrouvé dans le Combat russe et à Perm une famille, comme j’avais aimé au kyokushin au début ; pour moi la famille c’est important. Et l’honneur, c’est très important. Les amis et la famille – c’est ça, la richesse de la vie. Le reste – ça n’a aucune importance, le matériel – c’est pas important. Quand aux amis - on peut être très riche, mais si on n’a pas d’amis, alors on est vraiment très pauvre.

-         Aurais-tu un message particulier pour les habitants de Perm ?

-         Il faut arrêter de vous entraîner parce que vous allez commencer à être inquiétants pour le reste du monde. Je suis allé voir les compétitions des enfants de 7 ans ! J’ai rarement vu les gens combattre aussi bien et ce que t’ai dis c’est toujours la même chose – ça tourne toujours autour du même thème. Quand je vois les élèves de Vladimir du Combat russe ou ceux de l’école de kyokushin, je suis allé visiter l’école de kyokushin d’Aleksandre, c’est incroyable, vraiment j’ai vu des gens gentils, forts, humbles qui sont concentrés sur ce qu’ils font, qui aiment ça, qui respectent les gens et c’est une vraie grande leçon pour le monde entier. Et pour enlever tous les préjugés que les gens peuvent avoir, moi, j’invite vraiement les gens à visiter, à voyager, rencontrer les gens et s’ouvrir – c’est ça la force.